Au delà du bitume

le Mont Aigoual

L’hiver a tiré sa révérence après un baroud d’honneur tardif et dévastateur, à la manière d’un finisseur dans les derniers kilomètres d’une course.
Hormis quelques détours cévenols en janvier, me voilà prêt à en découdre avec la pente pour la première « grande » sortie printanière.
Il fait frisquet en ce matin de début mars, malgré un ciel sans nuages. Dès les premiers tours de roue, mon enthousiasme emballe ma machine à la vue de ces crêtes magiques qui tranchent avec le bleu de l’azur, ainsi après quelques kilomètres de faux plat dans la vallée Borgne, mon corps s’est réchauffé.
Je m’étais promis du classique au programme, je commence par le COL DE L’ASCLIER versant Milliérines. Le faux plat montant à l’approche de l’Abric assagit mon coup de pédale, la montée n’est pas raide mais elle est longue, alors…

Passé le pont moutonnier, j’entame la descente, elle est tellement agréable que je la prolonge en direction du hameau d’Ardaillers, même si une toute petite remontée est au rendez vous. Le retour en vallée Borgne se fera par le COL DU PAS depuis Valleraugue.
Dans les faubourgs de St André de Valborgne, je me décide pour le COL DU MARQUAIRES, je terminerai par la vallée Française en montant par Racoules, voilà mon parcours est tracé dans la tête.
Château en vallée BorgneDans l’ascension, peu après un nouveau panneau « Lozère » indiquant le changement de département, le démon de la découverte me reprend, à hauteur du carrefour de Cabrillac, je prends la direction du COL SALIDES, puis en bas de ce col aussi raide que court je quitte la route pour me rendre à Aire de Côte.
Je suis à peu près certain de trouver un chemin de terre sur quelques hectomètres, mais l’envie de découverte de nouveaux horizons, de parcours hors des « sentiers battus » est la plus forte. Et puis je l’avoue, cela faisait longtemps que cette idée de liaison farfelue entre vallée Borgne et vallée de l’Hérault me trottait dans la tête.
Une paire de kilomètres à remonter le Tarnon bien fluet pour l’époque, et voilà que le bitume fait place à la piste ; qu’importe, j’irai plus lentement, mais je regagnerai le COL DE L’ESPINAS par un trajet inédit, me voilà sans l’ombre d’une hésitation sur une voie chaotique avec ma monture de carbone.
La piste forestière tantôt en graves concassées, tantôt en dallages de béton quand la pente se fait plus raide est finalement avalée sans casse; je conseille toutefois le VTT. Lorsque j’arrive au Gîte d’Aire de Côte, une halte s’impose pour une courte visite des lieux, quelques prises de vue, et la dégustation de mon casse croûte.

Panorama à Aire de côte

Une pancarte sur laquelle est gravée « Au bout du chemin la liberté », informe le randonneur que pendant les heures sombres de la seconde guerre cette vaste zone forestière gérée par le PNC, a abrité le maquis de l’Aigoual.
Cette citation sortie de je ne sais où, par je ne sais quel auteur s’impose comme une évidence en ces lieux. Pourtant, ce n’est pas la vue du bitume retrouvé, mais bel et bien l’idée que je me fais du cyclotourisme qui m’amène à me l’approprier !
Mon retour sur St Jean sera sans surprise, quoique dans la montée sur St Roman de Codières, j’innove à nouveau en empruntant une toute petite route, elle serpente de l’autre coté du Récodier dont la paresse m’inquiète, qu’en sera t-il en Août ?
Un soleil digne d’un mois de juin m’accompagne sans relâche depuis le départ, comme ces incontournables lignes de crêtes qui m’invitent à la découverte de nouvelles perspectives, une vocation serait-elle sur le point de naître dans un autre registre d’effort ?


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