Dix bugnes sur un plateau

Gorges du TarnA l’approche de l’hiver, voilà un titre qui vous rappelle peut être les fêtes de fin d’année, eh bien non je vous rassure, restons sur le vélo en Cévennes, il s’agit tout simplement de mettre en lumière la dizaine d’ascensions qui permettent de se hisser sur le Causse Méjean (Eh oui de quoi y passer tout un séjour !). Col de RieisseBorieJe reviens donc à nouveau sur ce superbe plateau calcaire qui me fascine un peu plus à chaque visite. Mais qu’a donc cette ile en plein ciel pour guider mes roues vers les pentes abruptes qui y mènent ? Certes il y a les magnifiques gorges du Tarnon, celles du Tarn et de la Jonte qui s’enroulent comme une écharpe bleue autour de cette immense table de 330 km². La traversée des villages au fond des gorges comme Ste Enimie ou La Malène,  à l’architecture si particulière n’est pas étrangère non plus à cette force d’attraction, notamment en été, quand ces villages habituellement endormis grouillent d’activités. On se sent petit au pied de ces falaises verticales, on se sent privilégié de pouvoir sillonner autant qu’on le souhaite ces routes sinueuses visitées de touristes venus de tous coins de l’Europe.
Evidemment ces ascensions atypiques par leur tracé et les panoramas qu’elles proposent restent tout de même une bonne raison d’aller faire un tour là haut ! Arrivé au sommet un autre voyage commence, complètement différent des parcours des vallées cévenoles, en quelques (difficiles) coups de pédales vous voilà téléporté sur la steppe mongole, à une autre époque. Voilà la vraie raison de chacune de mes visites : Les grandes plaines herbeuses, le chaos de calcaire de Nîmes le Vieux, les vues aériennes sur les vallées d’en bas, les maisons caussenardes aux allures de capitelles géantes, les arcs de St pierre et les vautours au dessus, volent la vedette aux lacets du COL DE PIERRE PLATE ou du COL DE RIEISSE.

Seul le COL DE PERJURET sert de point d’attache au reste du monde, comme la passerelle entre le paquebot et le port. Il  relie notre plateau au massif de l’Aigoual via le COL DE FOURQUES, sa montée évoluant sur le talus naturel issu de l’érosion du plateau. Ainsi, les autres ascensions ont la particularité d’avoir été taillées, au moins partiellement, dans la roche ce qui constitue une de leurs originalités.

Aven Armand
D’un point de vue cycliste toutes  ces « bugnes » ont en commun une distance finalement contenue et un dénivelé sévère. Je ne m’attarderai donc pas sur les panoramas, les épingles et autres, au risque de devenir pénible tant elles se ressemblent. Pour ce qui est des routes, on peut scinder les ascensions en deux groupes égaux : D’une part les voies relativement larges et assez empruntées (cela reste tout de même des routes à vélo je vous rassure), et d’autre part les routes secrètes voire improbables, que je vous recommande évidemment.
Enfin un dernier mot sur votre traversée du désert : Les dolines et les coups de culs remplacent avantageusement les dunes en terme de dénivelée, je pense notamment à une liaison entre le Bruel et St Pierre des Tripiers qui dépasse allègrement le 10%, pas mal pour un plateau, vous voilà avertis !
Plutôt qu’un long discours, je vous propose un tableau qui récapitule les principales caractéristiques de ces bosses, elles sont classées telles que vous les découvrirez en parcourant le tour du Causse Méjean dans le sens inverse des aiguilles d’une montre à partir de son angle Sud-Est.
Voilà je vous sers dix bugnes sur un plateau, à vous de les croquer sans modération, vous en garderez des souvenirs croustillants !

Lieu Départ Description Dist Dev Pente moy Pente maxi
Fraissinet de Fourques Il s’agit de la montée Nord du col de Perjuret agrémentée de quelques hectomètres supplémentaires qui vous hissent sur le causse. Route large et bien chaussée. 5.60 350 6.2% 9%
Vébron Départ vallée du Tarnon, arrivée au hameau de Villeneuve. Une route étroite et confidentielle, fait face à une partie de la corniche des Cévennes. 5.70 441 7.8% 12%
Florac Départ depuis le centre de Florac, arrivée au COL DE PIERRE PLATE sur une route sinueuse mais bien revêtue. Vue sur le mont Lozère. 6.20 475 7.6% 11%
Montbrun Début de la descente des gorges du Tarn. Possibilité de passer par Castelbouc, la fin de l’ascension est quasi plate. Route étroite 8.90 472 5.6% 11%
Ste Enimie Au cœur des gorges du Tarn, une montée finalement assez facile qui mène au col de Coperlac tout près de Mas St Chély sur une large route revêtue comme un billard. 7.50 431 5.7% 10%
La Malène Plus en aval dans les gorges, une montée sèche mais courte jusqu’au carrefour de la D16 qui mène au COL DE RIEISSE au prix d’un effort supplémentaire sur le causse, route étroite. 5.00 378 7.6% 12%
Les Vignes Dernière ascension depuis les gorges du Tarn, permet un accès assez direct au COL DE RIEISSE, ou à l’opposé la courte et raide montée de St Pierre des Tripiers. 5.80 440 7.6% 12%
Le Truel Première ascension en remontant les gorges de la Jonte. Une montée difficile et vertigineuse sur une route interdite aux caravanes, fallait bien ça !  inoubliable… 4.40 382 8.7% 13%
Le Maynal Gorges de la Jonte, une route un peu plus large, qui ne cesse de monter vers l’arrivée située à Hures la Parade, au centre du causse Méjean. 11.00 505 4.6% 11%
Meyrueis La route principale d’accès au plateau qui démarre au rond point, assurément la plus facile de toutes, pour touristes de passage, car il y a bien mieux autour ! 7.10 268 3.4% 8%

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